L’étude Havas Commerce & CSA Consulting révèle que “84 % des Français déclarent préférer encore effectuer leurs achats en magasin physique”.
Ce chiffre est à expliquer par l’envie grandissante pour l’immédiateté, le besoin de voir, toucher, essayer et le côté rassurant que les plateformes digitales ne peuvent pas (encore) reproduire.
Malgré la croissance continue du e-commerce, cette étude révèle plusieurs choses :
- Le point de vente physique reste incontournable dans l’acte d’achat ; l’expérience consommateur (conseil, empathie, réassurance) est un critère de choix.
- Le e-commerce redéfinit dans une certaine mesure le commerce physique.
Pour une agence comme JPM Archi, qui imagine des espaces de vente et des parcours clients, cela oblige à revoir le cadre de réflexion : le magasin dépasse sa fonction logistique et transactionnelle pour devenir un lieu d’expérience, où se jouent des interactions sociales autant que commerciales.
Pourquoi le contact humain pèsera encore en 2026
Trois constats structurants :
La confiance n’est pas une option
La possibilité de toucher, voir, essayer un produit demeure un moteur d’achat. C’est une forme de réassurance cognitive : le client joue avec l’objet, sollicite le vendeur, se rassure en temps réel.
Le besoin d’expertise persiste
Dans des univers comme le textile, le bricolage ou l’équipement, la valeur se crée dans l’accompagnement bien plus que dans l’alignement des références. L’espace doit structurer la compréhension, guider le choix et rendre l’offre intelligible, au-delà d’une simple mise en scène produit.
L’humain comme marqueur de différenciation
À l’heure où les chatbots et les conseillers virtuels se multiplient, le vendeur expert reste un levier de fidélisation puissant, surtout auprès d’un public méfiant face aux réponses formatées par l’IA.
Cela implique des choix opérationnels précis et mesurables
Pour une agence de design d’espace retail, ces orientations ne sont pas des tendances abstraites. Elles structurent des arbitrages précis, qui engagent la conception, les usages et la performance du lieu.
Il faut tout d’abord repenser le rôle du vendeur
Un magasin se conçoit aujourd’hui comme un dispositif relationnel : un espace pensé pour provoquer des échanges/conversations, accompagner la décision et faire circuler la parole autour de l’offre. Ex :
- Zones de conseil explicites.
- Stands dédiés à l’expertise (démonstrations, essais).
- Parcours clients structurés par des points de contact humains réguliers, pas uniquement le self-checkout.
Mais aussi repositionner les interactions humaines dans le parcours
Le design d’espace agit comme un facilitateur. Il organise les conditions d’un échange crédible et utile dans le parcours. Côté agence cela implique de travailler sur des dispositifs précis :
- Des implantations qui libèrent le vendeur du face-à-face contraint derrière un linéaire et autorisent des postures côte-à-côte, mobiles ou ponctuelles selon les moments du parcours.
- Une hiérarchisation visuelle et spatiale qui rend lisibles les lieux d’échange sans surexposition ni mise en scène artificielle.
- Un traitement acoustique et lumineux pensé pour contenir le bruit de fond et permettre la conversation sans transformer l’espace en zone confidentielle inadaptée au flux commercial.
L’enjeu n’est pas de multiplier les zones d’accueil, mais d’identifier où l’échange a réellement de la valeur et de donner au vendeur les conditions spatiales pour intervenir au bon moment.
Enfin, cette hybridation doit rester pensée et maîtrisée
Le phygital n’est pas mettre des écrans partout, mais intégrer le digital utile au service du client comme du vendeur :
- Bornes d’information pour enrichir l’échange client-vendeur.
- QR codes qui prolongent l’expertise.
- Dispositifs qui assistent les vendeurs plutôt que les remplacer.
Cela suppose aussi d’anticiper les limites d’un modèle centré sur l’humain
Trois limites à garder en tête :
- Le digital reste un levier fort pour les pré-achats et la découverte.
- Les coûts d’exploitation des points de vente physiques restent élevés.
- Le besoin d’humain doit être efficace, pas simplement chaleureux.
Concrètement, une boutique qui offre du contact sans résolution efficace de problèmes est pire qu’une boutique sans contact du tout.
Les questions à trancher avant de concevoir ou rénover votre espace retail
Si vous souhaitez concevoir ou rénover un espace retail, posez-vous ces questions avant de décider :
- Ce point de vente est-il conçu pour générer des interactions humaines qualitatives ? Comment le design d’espace aide-t-il le vendeur à résoudre un problème client, pas seulement à lui parler ?
- Quels moments du parcours impliquent une présence humaine irremplaçable, et comment les scénographier ?
Concevoir le magasin comme un espace d’échange, capable d’accompagner et de créer du lien, c’est répondre au besoin de 84 % des Français.
Crédit photo : H&M





